L’image des handicapés au cinéma au début du siècle passé

Dès l’époque du muet, le cinéma a mis en scène des personnes handicapées
et des monstres de foire, victimes de malformations de naissance. Au tournant du siècle, dans leur film Concours de boules, les frères Lumière font soudain traverser l’espace de jeu à un homme se déplaçant avec des béquilles.

Puis dans Les lumières de la ville, sorti en 1931, et dans La Monstrueuse Parade (Freaks), film culte américain sorti en 1932, les projecteurs se trouvent braqués sur une jeune fille aveugle qui se fabrique une image romancée de Charlot et, dans Freaks, sur une troupe de cirque composée de gens atteints de diverses malformations spectaculaires, qui, victimes des moqueries de la belle Cléopâtre, se révolteront et finiront par se venger.

L’handicapé au cinéma, jusqu’aux années ’70, est une figure dans laquelle se projettent les peurs et les inquiétudes des spectateurs. Pour les réalisateurs, il y a là de quoi attirer le public. Ils jouent sur l’impression d’inquiétante étrangeté qui naît de la différence, de corps déformés ou mutilés. Les films sont majoritairement dramatiques et montrent comment la maladie affaiblit les personnes, comment elle empêche parfois de communiquer, de bouger ou d’être libre. L’anormalité physique a toujours provoqué des sentiments ambigus chez le public. Compassion et répulsion sont étroitement liées dans les sentiments inspirés. L’humour n’est pratiquement jamais au menu.

Ode à la différence, la société évolue

Les représentations sociales changent, on montre un humain dont le handicap devient porteur d’une valeur morale. Les personnages sont principalement sourds, muets, aveugles ou paraplégiques. Le système de la charité ou de la dépendance est peu à peu remplacé par le droit de vivre dignement. Les difficultés de la vie de tous les jours, les problèmes d’adaptation sont soulignés. Les cannes, les fauteuils roulants matérialisent le handicap. On essaie de porter un regard qui évite le voyeurisme ou la complaisance. Le sujet est traité avec plus de sobriété et on s’interroge sur les relations aux autres.

Pendant de très nombreuses années au cinéma, l’handicapé était le faire-valoir de la vedette, jamais la vedette. Depuis les années 2000, les choses ont changé. A travers les films on peut voir évoluer le regard des cinéastes sur le handicap, mais aussi, l’évolution du public quant à la perception du handicap. Le public est dorénavant prêt à voir ce type de films.

A la télévision, le handicap est souvent cantonné à quelques documentaires ou aux émissions médicales. Combien de héros récurrents atteints d’un handicap trouve-t-on sur nos chaînes de télé? Combien d’animateurs, de journalistes ou même d’invités et de membres du public souffrent d’un handicap? Ici, le cinéma obtient une meilleure note que la télé.

L’influence du cinéma sur l’acceptation du handicap

«Le cinéma actuel permet à la société d’évoluer, de connaître et de se défaire des préjugés, en laissant les images l’inviter à comprendre et dépasser les apparences». On montre les obstacles liés au quotidien, les difficultés relationnelles, les pièges de la différence. Le cinéma sait maintenant se mettre au service de l’acceptation du handicap, il dépasse la gêne et il se veut transparent.

[Rendez-vous sur la page Facebook d’Actimed et tentez de reconnaître ces 10 acteurs, handicapés célèbres du cinéma.]

Par l’équipe d’Actimed, Laboratoire orthopédique